Cena Furiosa

Cena Furiosa

MADRIGAUX GUERRIERS ET AMOUREUX DE MONTEVERDI
Avec 6 chanteurs, 6 acteurs et Les musiciens du Louvre, sous la direction musicale de Marc Minkowski

Cena Furiosa expose dans la violence guerrière l’opposition tragique entre l’amour et la haine, qui culmine dans la scène finale du combat de Tancrède et Clorinde. Cet univers passionné est représenté à travers le chœur, la polyphonie et le contrepoint. Pulsions de mort et de vie s’expriment en torsions baroques, en une iconographie éclatée. Le maniérisme triomphe, exprimant la domination des conventions sur les êtres. Des ballets hiératiques parcourus de micromouvements deviennent emblématiques, comme une forme mouvante, jamais en repos, toujours improvisée, sans jamais viser au produit fini. Elle exprime ce frémissement fondamental de l’être, qui est tout d’incertitudes et de fractures. Le cœur/chœur est cet organe sans tranquillité que seule la mort apaise. Les acteurs incarnent cet état entre harmonie et dissonance, entre action et arrêt. Ils agissent comme des instruments visuels, à l’écoute de l’orchestre, et servent de contrepoint au madrigal.

CRÉDITS

Direction musicale: Marc Minkowski
Mise en scène: Ingrid von Wantoch Rekowski
Costumes: Christophe Pidré
Lumière: Yves Godin
Chanteurs: Paul Agnew, Nicki Kennedy, Silvia Hablowetz/Emma Lyren, Nicolas Domingues, François Piolino/José Canales, Suren Chahjan/Boris Grappe
Acteurs: Christian Baggen, Bernard Eylenbosch, Dominique Grosjean, Philippe Résimont, Annette Sachs, Candy Saulnier
Orchestre: Les Musiciens du Louvre/Grenoble
Production: Festival International d’Art lyrique d’Aix-en-Provence ; en coproduction avec La Monnaie et le Kunstenfestivaldesarts

PRESSE

Un moment fort de cette édition, une heure quinze de scène d’une tension, d’une beauté visuelle étrange, de plus en plus bouleversante, jusqu’au dernier madrigal, cet opéra en miniature qu’est le ‘Combat de Tancrède et de Clorinde’ qui s’écoutera dans un silence absolu, les larmes aux yeux.

Le Soir, Michele Friche, 17/07/99

Intelligente, insolente, Ingrid von Wantoch Rekowski prépare son nouveau spectacle : radical. Le seul chef d’œuvre du dernier festival d’Aix, c’est à elle qu’on le doit.

Nouvel Observateur, Jacques Drillon, octobre 99

Mettant en opposition significative un apparent chaos visuel et l’organisation savante de la musique, s’appuyant ensuite sur la virtuosité des musiciens – et en particulier celle des chanteurs, otages consentants de la mise en scène – Ingrid von Wantoch Rekowski impose, avec une violence étudiée, sa triple conception de l’écoute, du regard et du monde. Sa proposition est d’un raffinement visionnaire, inaugural, ramifié jusqu’en des tréfonds dangereux de l’âme et des sens.

La Libre Belgique, Martine Dumont-Mergeay, 07/99

C’est une laborantine lyrique, une expérimentatrice des corps et des genres, qui tente de curieux mélanges de voix, de timbres, de corps, de gestes : à sa manière, elle cherche l’art total comme d’autres la pierre philosophale. Sur sa musique intérieure, elle règle des opéras muets, fait chanter le corps de comédiens qu’elle réduit au silence pour mieux les intégrer à la distribution des chanteurs.

Le Figaro, Jacques Doucelin, 13/07/99

Die Theatralik dieser unglaublich freien Kompositionen, die den Prinzipien des stile rappresentativo gehorchen legitimiert eine stumme « Aktion » wie hier, wo sechs Renaissance-Granden in einem Dekor, das an Peter Greenaways Film « Drowning by numbers » gemaht, ihren überzüchteten Idiosynkrasien, konkret : ihren mit Juckreiz gepaarten Berührungsängsten freien Lauf lassen.

Neue Zürcher Zeitung, Marc Zitzmann, 14/07/99

DATES/LIEUX
2001 - La Monnaie & Kunstenfestivaldesarts Bruxelles - BE
1999 - Festival lyrique d’Aix-en-Provence - FR
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  • Opéra